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lku* #1(*du japonais
jouir)
Théâtre à cru
Conception et texte, Alexis Armengol
Collaboration chorégraphique, Pascal Allio
Musique originale, Claire Touzi
Dit Terzi
Interprétation, Pascal Allio, Alexis Armengol, Claire Touzi
Dit Terzi
Son, Stéphane Bayoux
Régie générale et lumière, Xavier Carré
Collaboration artistique, Pierre Humbert et Alexandre Le Nours
Soutien artistique, Karine Groussier, Marie Lucet
Théâtre à cru
Avec l'aide à la production dramatique et l'aide à la reprise de la DRAC Centre, l'aide à la création de la région Centre, le soutien de la ville de Tours, ta communauté d'agglomération Tour(s) Plus et la Spedidam.
T H E A T R E N A T I 0 N A L D E C H A I L L 0 T Studio
12
au 29
mai 2005, 2oh3O / dimanche '5h - relâche lundi
renseignements : 01 53 65 30 00 / internet : www.theatre-chaillot.fr
tarifs : 19,5 E plein tarif, -16,5 E
tarif réduit, 10,5 E-
tarif jeune
T H E A T R E N A T I 0 N A L D E C H A I L L 0 T
En japonais, Iku, titre du spectacle présenté par la compagnie Théâtre à cru, signifie «jouir». C'est raide, direct, chauffé à blanc par le metteur en scène Alexis Armengol. Epaulé sur le plateau par le danseur Pascal Allio, interprète d'excellence de la danse contemporaine française, et la chanteuse Claire Touzi Dit Terzi, incandescente comme chacun sait depuis sa prestation dans Iris de Philippe Decouflé, il explore cet étrange territoire qu'est le corps amoureux. Dans un dispositif bifrontal propice à l'intimité physique entre les acteurs et le
public, le trio d'artistes intempestifs prend à la gorge le scénario de l'amour et du sexe, histoire d'en savoir un brin davantage sur ce qui nous bouleverse au point parfois de ne plus être tout à fait nous-mêmes. A quoi reconnaît-on l'amour lorsqu'il se manifeste ? D'où viennent ces symptômes physiques qui nous transforment ? La violence frénétique de la sexualité est-elle sensualité ou angoisse à la recherche d'une impossible possession ? Si être en couple c'est ne faire qu'un, lequel finit par bouffer l'autre ? Deux hommes face à une femme réinventent le chiffre deux et toutes les formules possibles de cette aventure infinie qu'est la rencontre avec l'autre. Dans cette fouille au corps des sensations les plus enfouies, les plus
troubles de l'humain lorsqu'il aime et désire, Claire Touzi Dit Terzi, qui vit sa voix comme un scénario de cinéma plein de rebondissements, garde le cap d'une volupté écorchée qui sait si bien raconter le corps et ses désordres, ses déboires et sa jouissance.
Un hymne à l'amour
Etre en couple, c'est ne faire qu'un, mais lequel ?
Iku#1, c'est l'histoire d'un instant, d'une déflagration, d'une révolution domestique qui fera que rien ne sera plus comme avant.
Conversation intime et publique
La difficulté quand on parle d'amour, c'est d'éviter de sombrer dans la poésie creuse ou dans la banalité des formutations préétablies. Il y a quelque chose d'innommable dans l'amour, justement parlons-en, le sourire aux lèvres.
Deux ans après la création du spectacle, cette nouvelle version d'Iku prend la forme d'une conversation intime et publique. Les personnages rompent avec leur passé, mais pour devenir quoi ? Cette rupture est forcément exposée au regard de l'autre, il y a des témoins : en premier lieu évidemment les spectateurs, mais également tous les absents, « les fictionnels » : la famille, les amis, les inconnus et les consciences, « bonnes ou mauvaises ». Parler de l'intimité (dans le couple et avec soi-même) a été notre préoccupation essentielle au cours de cette création, et c'est elle qui lui donne tout son sens.
L'amour naissant
Les personnages d'Iku questionnent leur relation, et pour se faire, reprennent au début leur rencontre, l'amour naissant*,, instant extraordinaire difficile à définir, ils s'en amusent et tentent de comprendre ce moment de vérité où l'on se reconnait l'un l'autre comme porteur des mêmes aspirations. Peut-être même en profite-t-on pour se connaître un peu. L'amour cherche l'authenticité.
La société, elle, cherche, même dans ce domaine, à asseoir l'institution : le couple. Mais la discontinuité est le propre de l'amour, il ne peut être égal dans le temps, or le quotidien du couple refuse cette intermittence amoureuse et l'autonomie nécessaire à chacun. Une fois l'amour installé, que faisons-nous de notre soif de renouveau ? La violence frénétique de la sexualité est-elle sensualité ou angoisse à la recherche d'une impossible possession ? L'institution permet-elle d'autres amours naissants? Peut-on aimer deux personnes à la fois? Quelle place y a-t-il pour l'amour dans ce
pacte institutionnel ? Et pourquoi après tout devrions-nous choisir l'institution ? Pour ne pas finir seul ?
Une nouvelle fois analphabètes de t'amour, entre fantasme et réalité, douleur et plaisir, les personnages tentent de comprendre et d'apprendre. Mais peuvent-ils tout se dire ? Quoi qu'il advienne, ils vont avoir à faire le deuil de leur couple. Malgré toute la souffrance, ce deuil reste un hymne à l'amour.
Mais s'ils se séparent, que restera-t-il d'eux ?
Une autre narration
juxtapositions, collages, rapprochements intempestifs d'images, de musiques, de chants, de mouvements et de paroles contribuent à créer un cubisme des relations, où les perspectives sont faussées et les différents angles de vue accolés. Nous travaillons depuis plusieurs années sur ce que l'on pourrait appeler une forme concert du théâtre ; elle permet une relation singulière aux spectateurs et travaille sur les lisières, les frontières entre personnage et interprète, jeu et non jeu pour mettre en place une autre narration.
Alexis Armengol
terme emprunté à Francesco Alberoni
Théâtre à cru / Alexis Armengol
Après 7 ans de formation de comédien au Centre dramatique national de Dijon, à la Traite des Planches en Bourgogne, puis à la Comédie de Saint-Étienne, Alexis Armengol s'implante en région Centre en 1996 où il cofonde une première compagnie. En 1999,
il crée Théâtre à cru et s'installe à Tours.
Depuis plusieurs années la compagnie, codirigée avec Karine Groussier, croise différentes disciplines artistiques et poursuit ses recherches, vers ce que l'on pourrait appeler une forme concert du théâtre.
Iku#1, la onzième création d'Alexis Armengol, créée en 2002,
est le premier volet d'un cycle de trois pièces construit autour d'une même démarche de création.
Le deuxième volet, 7 fois dans ta bouche #2,
créé en 2003,
sera présenté en juillet au Théâtre du Funambule en Avignon.
Travaillant initialement à partir de fragments de textes, la recherche artistique de ta compagnie a fait paraître l'évidence que ses prochaines créations devaient être « totales » : scénario, texte et mise en scène. Ce qui a été le cas avec l'm sorry .. #3, dernière création de la compagnie, dont Alexis Armengol a intégralement écrit le texte. Cette pièce, coproduite par le Centre dramatique régional de Tours et la ville de Chinon, et dont les premières représentations ont eu lieu au Nouvel Olympia en janvier 2005 à Tours, est actuellement en tournée.
Entamé donc avec l'm sorry .. #3, le travail d'écriture d'Alexis Armengol se poursuit puisque la nouvelle version de Iku#1, présentée en mai prochain au Théâtre National de Chaillot est entièrement réécrite.
Par ailleurs, Théâtre à cru assure la codirection artistique du Théâtre universitaire de Tours.
Claire Touzi Dit Terzi
Auteur, compositeur, chanteuse
2005 Sortie de l'album Boucle.
Reprise et tournée de Iku #1,
Théâtre à cru.
Tournée lris, spectacle de Philippe Decouflé (Brest, Chambéry, La Rochelle et St-Quentin-en-Yvelines).
2004 Tournée de Iris (Barcelone, Luxembourg, Festival Montpellier danse) puis reprise avec lris au Théâtre National de Chaillot.
Enregistrement du premier album solo Boucle.
2003 Création musicale et interprétation de la pièce Iris de Philippe Decouflé au Japon ; tournée au Jaon et en France.
CD du spectacle (enregistrement live au Théâtre National de Chaittot).
2002 à
2004 Création musicale et interprétation de Iku, Théâtre à cru.
2001
Résidence de création aux Bains douches, Lignières (i8) ; tournée régionale. Préparation du i"
album solo (sortie automne 2003).
1996 à 2001
Auteur, compositeur, chanteuse et guitariste du groupe Dit Terzi ; 200
concerts ; 1
album chez EMI Music et Boucherie Productions.
…/…
1986 à 1995 Auteur compositeur chanteuse guitariste du groupe Forguette Mi Note 2
albums 6oo concerts à travers t'Europe ; 2
albums auto produits.
Pascal Allio
Danseur, interprète
2002-2005 Collaborateur chorégraphique et interprète dans Iku, Théâtre à cru. Reprise de Iku#i en avril 2005 et tournée.
Depuis 1988 Collaboration avec Christine Bastin : Bless, Abel Abeth, Grace, Gueule de loup, Affame, Siloé, La Polka du roi, Be, Noce, De la lune et de l'eau.
1992-2004 Collaboration avec Jean Gaudin : L'Ascète de San Clémente et la Vierge Marie, et L'Ingénu (commande du Festival d'Avignon, créée pour le Vif du sujet 1997).
1997-2000 Charles Cré-Ange et Christie Lehuedé : Squares.
1992 ,
1994 et 1995 Daniel Larrieu : jungle sur la planète Vénus.
1990 Premier Prix au IV' Concours international de danse contemporaine de la ville de Paris.
Formations auprès des professionnels et amateurs (suivi des projets pédagogiques et académiques, travail auprès des scolaires, interventions dans les conservatoires et les écoles de danse, stages...).
1987 Saison avec Andy Degroat et Mickaël O'Rourl<e.
i986 Bourse pour travailler avec la Folkwangschute d'Essen (dans le cadre de la Biennale de danse de Lyon) et Hans Züttig, Jean Cebron, Lucas Hoving; Caria Maxwell.
1984-i988 Interprète pour François Laroche-Valière.
1983 Stage à Villeneuve-lès-Avignon. Rencontre avec Jacques Garnier.
Cours de danse classique avec Solange Golovine, Raymond Franchetti, Wayne Byars.
Cours de danse contemporaine auprès d'Eric Senen, Hans Züllig, Mathilde Monnier et
Jean-François Duroure.
Cours d'art dramatique avec Dominique Colignon Maurin.
Raconter une histoire au monde sur le monde. Simple, récurrent mais fondamental. Voici ce qui nous anime profondément et que nous nous devons de toujours garder à l'esprit.
( ) Et c'est grâce à cette obstination que nous nous confrontons aux troubles et aux tourments de ce siècle, révélant cet enjeu incontournable qu'est le nôtre : témoigner par notre art des élans et des errements des hommes, « désordonner » les esprits et les pensées par une représentation de soi-même et des autres, pour, simplement, rendre compte que l'on est vivant. Tendre vers cette grande ambition peut paraître utopique ou étitaire et notre gageure se situe donc bien là : convaincre par des actes. Nous aspirons à reconstruire une réflexion du possible, à recréer un langage commun, façonner une image de l'homme sans donner de leçon, sans prétendre détenir la vérité. Bref, inventer et réinventer toujours, retrouver un sens singulier à nos vies, et non un sens unique. ( )
Amener le spectateur à décaler sa vision du monde, à percevoir l'envers de son endroit, à sortir de son univers quotidien pour découvrir un ailleurs, peu importe qu'il soit proche ou lointain, c'est cela qu'il nous faut réussir. Il s'agit donc de défragmenter le public, le toucher avant tout, rencontrer son regard, atteindre son écoute, solliciter son espace de projection individuel, lui proposer un désordre émotionnel. Notre théâtre doit être celui qui dérange, perturbe autant que celui qui fait rêver, esquissant de nouvelles images. Il doit rompre avec la consommation culturelle et l'aimable scepticisme ambiant. Il nous faudra alors rencontrer chaque spectateur afin de lui permettre de se positionner, de réagir à notre travail : créer démocratiquement mais sans démagogie. La vigilance sera en effet d'évaluer le risque permanent que recouvre toujours
le spectacle vivant : l'influence de l'adhésion collective. Risque présent certes, mais que l'on peut percevoir comme désuet quand on se pose la vraie question, en amont, celle du non-spectateur. On gagne alors en humilité. ( )
Nous tentons donc de faire coïncider notre pratique de recherche théâtrale au travail de rencontres avec nos publics par une pluralité des approches (formes, propos, traitement, spectateurs ... ) en prenant peut-être le risque de l'éparpillement, mais au fur et à mesure, à force de rêves et de désirs naissent des projets et des actes.
Compagnie Théâtre à cru
Extraits du projet artistique |
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